Randonnées dans le Pays Horloger

 


1. Aux Combes à Bretonvillers

Vidéo : Aux Combes à Bretonvillers (Doubs)
le dimanche 21 juin 2026

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Musique : Ô cher Jura - traditionnel Franc-Comtois

 


2. Le musée-parc des maisons comtoises à Nancray

Vidéo : Le musée-parc des maisons comtoises à Nancray (Doubs)
le dimanche 21 juin 2026

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Musique : comtoise

plan du musée-parc

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vue aérienne du musée-parc

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3. La maison Louis Pergaud à Belmont

Vidéo : La maison Louis Pergaud à Belmont (Doubs)
le mercredi 26 juin 2024

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Musique : J'ai dix ans - Alain Souchon

Louis Pergaud

Louis Pergaud est un écrivain et instituteur français, né le 22 janvier 1882 à Belmont dans le Doubs et mort au combat le 8 avril 1915 dans la Meuse pendant la Première Guerre mondiale. Connu pour ses récits ancrés dans le monde rural et animalier, il a marqué la littérature française du début du XXe siècle. Son œuvre la plus célèbre, La Guerre des boutons (1912), satire sociale et récit initiatique, reste un classique de la littérature jeunesse. Lauréat du prix Goncourt en 1910 pour De Goupil à Margot, recueil de nouvelles mettant en scène des animaux, Pergaud est également reconnu pour son engagement pacifiste, contrastant tragiquement avec son destin de soldat mort à la guerre.

Jeunesse

Louis Pergaud est originaire de Belmont, près de Besançon dans le Doubs. Son père, Élie Pergaud, instituteur paroissial depuis 1877, avait épousé le 19 novembre 1879 Noémie Collette, fille de fermiers de la même commune.

Louis est le cadet de trois enfants dont Pierre (9 août 1880-5 octobre 1880) et Lucien (1883-1973). Il se retrouve orphelin à 18 ans, son père et sa mère étant morts à Fallerans à un mois d'intervalle (respectivement les 20 février et 21 mars 1900).

Il suit les traces de son père au moment de choisir son métier : après une préparation à Besançon, en juillet 1898, Louis Pergaud, âgé de seize ans, dont le travail est excellent, présente le concours d’entrée à l’École normale et il est reçu premier. Après trois années d'études acharnées dans cette école, il en sort, le 30 juillet 1901, troisième de sa promotion. Il est nommé enseignant à Durnes, son premier poste, pour la rentrée d’octobre 1901.

Premiers écrits

En 1903, il épouse Marthe Caffot, institutrice à La Barèche, un village voisin. En avril 1904, avec l'aide d'un ami poète, Léon Deubel, il fait paraître son premier recueil de poésies, L’Aube.

En 1905, lors de la séparation des Églises et de l'État, Pergaud est muté à Landresse, toujours dans le Doubs. L'arrivée au village d'un instituteur réputé socialiste et anticlérical suscite des protestations des populations locales ulcérées. Le refus de Pergaud d'assister à la messe et d'enseigner la doctrine catholique a pour effet d'aggraver les tensions.

En 1907, il abandonne sa femme. Il déménage vers Paris et s'installe à Montesson, où sa maîtresse Delphine Duboz le rejoindra peu après. Il travaille comme clerc puis obtient un poste d'instituteur à l'école communale d'Arcueil puis à Maisons-Alfort, consacrant tout le temps qu'il peut à sa plus grande passion : l'écriture. Pergaud, l'écrivain, puisera aux souvenirs de sa terre natale, la Franche-Comté, pour composer la quasi-totalité de ses œuvres. La prose de Pergaud est souvent assimilée soit au mouvement réaliste, parfois même naturaliste, soit au mouvement moderniste.

En 1908, Marthe Caffot et lui divorcent après presque trois ans de séparation. Le divorce est prononcé aux torts de l'écrivain. En juillet 1910, il épouse Delphine Duboz dont le grand-père est originaire de Domprel dans le Doubs.

Reconnaissance

Sa première publication en prose parait dans le Mercure de France en 1910 ; intitulé De Goupil à Margot, ce recueil de nouvelles reçoit le prix Goncourt la même année. Avec cette œuvre, Pergaud s'établit comme maître littéraire dans le domaine animalier. Certains critiques y voient l'expression des similitudes entre les instincts amoraux des animaux, et les activités immorales des hommes. Ces mêmes critiques proposent que Pergaud adopte une telle position en conséquence de son fervent antimilitarisme, une attitude qu'il aurait développée durant son service national en 1902.

En 1911 sort son deuxième recueil de nouvelles sur le thème des animaux, dont La Revanche du corbeau.

En 1912, il écrit La Guerre des boutons, roman de ma douzième année : rivalités belliqueuses entre garçons de deux villages voisins à chaque rentrée scolaire. Cette guerre prend une forme un peu particulière : en plus des coups et des injures, les « vaincus » se voient confisquer leurs boutons en guise de trophées, avant d'être renvoyés chez eux. Le roman commence avec humour et innocence, mais devient de plus en plus sinistre au fur et à mesure que la frontière entre jeu et réalité est brouillée. Sa Majesté des mouches, roman de l'écrivain britannique William Golding, développera plus tard des aspects assez similaires. La Guerre des boutons traite aussi de thèmes sociopolitiques de la Troisième République française : le conflit entre l'Église et le mouvement anticlérical, l'esprit revanchard, l'instruction civique à la Jules Ferry, etc. Les villages que Pergaud appelle Longeverne et Velrans sont ceux de Landresse et Salans, et dans le personnage de La Crique on reconnaît l'auteur lui-même.

En 1913 paraît Le Roman de Miraut, chien de chasse. Il écrit de nombreuses autres histoires à propos de la vie « rustique » et du règne animal, qui seront publiées à titre posthume.

Première Guerre mondiale et mort

En août 1914, Louis Pergaud est mobilisé dans l'armée française comme sergent (il sera nommé sous-lieutenant en mars 1915) au 166e régiment d'infanterie cantonné à Verdun. Il sert en Lorraine sur le front ouest, pendant l'invasion allemande.

Du 3 août 1914 au 6 avril 1915, il tient un Carnet de guerre, publié en intégralité en 2011. Dans Mots, propos et anecdotes, Paul Léautaud rapporte l'extrait surprenant d'une correspondance de Pergaud :
« J’ai des lettres de Louis Pergaud qu’il m’écrivait du « front ». Il était aux anges. « Je ne donnerais pas ma place pour je ne sais quoi. On tire du « Boche » comme du lapin. » »

Sa correspondance avec sa femme, Delphine, permet de nuancer ce propos. Parti dans l'enthousiasme pour chasser rapidement les « Boches », la durée, la dureté et l'horreur le ramèneront à son antimilitarisme d'avant la mobilisation. Et au fil de sa correspondance, on sent monter du respect pour les soldats allemands.

Le 6 avril 1915, son régiment lance, dans le secteur des Éparges près de Verdun, une attaque contre les lignes allemandes (attaque contre Marchéville-en-Woëvre - cote 233) à l'issue de laquelle il est porté disparu.

Selon l'hypothèse actuelle[réf. nécessaire], il aurait été piégé dans les barbelés et blessé par balles, plusieurs heures plus tard. [réf. nécessaire]. Celui-ci est détruit par un tir de barrage de l'armée française le 8 avril, Louis Pergaud et de nombreux compatriotes figurant au nombre des victimes, bien que leurs corps n'aient jamais été retrouvés.

Le 4 août 1921, Louis Pergaud est déclaré « mort pour la France ». Ce jugement fait l'objet de deux transcriptions, les 3 et 5 septembre 1921, car il est établi deux fiches de transcription pour les officiers, ainsi que d'un acte de décès dans les registres d'état civil du 14e arrondissement de Paris, son dernier lieu de domicile.

 


4. Le sentier de la Guerre des Boutons à Landresse

Vidéo : Le sentier de la Guerre des Boutons à Landresse (Doubs) - 6 km
le lundi 22 juin 2026

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Musique : La marche dans La Guerre des Boutons

Le sentier de la Guerre des Boutons à Landresse (Doubs) - 6 km

Le sentier de la Guerre des Boutons à Landresse (Doubs) - 6 km

 

La Guerre des boutons, roman de ma douzième année

La Guerre des boutons, roman de ma douzième année (titre complet) est un roman français écrit par Louis Pergaud, écrivain franc-comtois, et publié en 1912. Il décrit la « guerre » que se livrent les bandes d'enfants de deux villages rivaux, Longeverne et Velrans, dans la campagne franc-comtoise de la fin du XIXe siècle. Ces villages correspondent en réalité à Ouvans et Vellevans, situés à côté de Landresse dans le Doubs, où l'auteur a enseigné deux ans.

Le titre vient du butin de cette guerre, constitué en majorité par les boutons dont les vaincus sont dépouillés par les vainqueurs. Le but est donc d'aller se battre sans se faire prendre les boutons et d'en récupérer le maximum. Pour ce faire, les garçons trouvent des idées plus farfelues les unes que les autres, par exemple aller se battre nus.

Le récit, pour la plus grande partie, raconte l'histoire du point de vue des enfants de Longeverne.

Résumé

Les enfants de Longeverne, Lebrac et son armée, et ceux de Velrans, la troupe de l'Aztec des Gués, se livrent une guerre sans merci, à coups de bâtons, de cailloux et surtout de coups de pied et de poing.

L’humiliation est certaine pour les malheureux qui tombent aux mains de l’ennemi : ils sont dépouillés de leurs boutons, agrafes, lacets, etc., afin de les obliger à rentrer dépenaillés chez eux et de risquer une engueulade parentale, qui se termine généralement par un châtiment corporel.

Au fil des défaites et des revanches, des différentes idées de Lebrac pour éviter les désagréments de la défaite, les tactiques pour emporter la victoire, des scènes cocasses se succèdent. L'on voit notamment les enfants faire la guerre nus, pour éviter d'abimer leurs vêtements, puis les faire recoudre par les filles du village, notamment par Marie, sans oublier de jouer des tours pendables à leurs ennemis en dehors des batailles…

Cause profonde de ces disputes

L'origine des inimitiés entre les deux villages remonte à l'époque d'une épizootie, la Murie — dont le cri de guerre des Velrans rappelle le souvenir —, lors de laquelle des résidents de Velrans, pour se dédouaner de l’équarrissage de la charogne d'une vache morte sur un pâturage commun, renoncèrent à tout droit sur ce terrain puis tentèrent, sans succès, de les récupérer. Bien que les disputes aient causé des morts au cours de rixes violentes, elles se limitent désormais à des bagarres entre enfants.

Chapitres

De nombreux chapitres de l'œuvre portent un texte en épigraphe. Parmi les auteurs cités figurent Michel de Montaigne, Henri IV, Victor Hugo, Jean Racine, Otto von Bismarck, François Rabelais, Madame de Sévigné, Sébastien-Charles Leconte, Arthur Rimbaud, Jean de La Fontaine, Charles Baudelaire, Brantôme, Pierre de Ronsard, Pierre Corneille, José-Maria de Heredia et François de Malherbe. Un extrait du Psaume 110 de la Vulgate est cité sans référence, avec la mention « Vêpres du dimanche ».

Adultes


Le père Simon : maître d'école de Longeverne
Le père Zéphirin (Bédouin) : garde champêtre de Longeverne et ancien de la coloniale, sévit contre les débordements des enfants jusqu’à ce qu'une farce de leur part lui fasse croire qu'il ait été ivre mort.
Le père Gugu (Auguste) : habite la maison voisine de l'école.

Enfants

Les garçons de Longeverne
Lebrac : c'est le chef de l'armée de Longeverne, il est « malin comme un singe, têtu comme une mule, vif comme un lièvre ». Il est amoureux de la sœur de Tintin, Marie. Il est très fort et très généreux et son cri est « À cul les Velrans ». Il habite dans le village.
Camu(s) : c'est le lieutenant principal de Lebrac, un agile tireur à la fronde à « lastique » et un fin grimpeur, d'où son surnom : les bouvreuils s'appellent dans la région des « camus » et il n'a pas son pareil pour les dénicher dans les hauteurs. Il est amoureux d'Octavie, qui lui rend apparemment son affection.
La Crique : c'est l'intellectuel de la bande, la représentation de Louis Pergaud[réf. nécessaire] dans le roman. Son cerveau fourmille d'idées au moins autant que Lebrac. Il essaye de sauver à plusieurs reprises des soldats de la colle en classe. Il connaît par cœur l'histoire de la guerre entre Longeverne et Velrans.
Tintin : frère de Marie qui est amoureuse de Lebrac, il devient « trésorier » de la bande de Longeverne, gardant sur lui le butin de guerre, avec les risques que cela comporte.
Les Gibus : Grangibus, l'aîné, de son vrai nom Adonis, est un des « grands » de la bande ; Tigibus, son frère cadet, le suit presque partout. Ils habitent tous deux hors du village.
Gambette : son nom est tiré de Léon Gambetta. Il est aussi nommé ainsi parce qu'il est un rapide messager pour les catastrophes de guerre (exemple : la capture d'un des alliés…). Il habite en dehors de Longeverne à l'instar des Gibus.
Bacaillé : boîteux, amoureux d'Octavie, surnommée "la Tavie", et jaloux de Camus, il trahit la bande en révélant aux Velrans où se trouve la cabane. Pour se venger, ses 40 camarades le déshabillent, l'attachent et lui donnent chacun un coup de baguette avant de lui cracher dessus. Il se venge à son tour en racontant tout au village des activités de ses camarades, ce qui entraine de sévères conséquences, qui ne dissuaderont pas Lebrac et ses amis de recommencer leurs batailles, après que la fureur s'est calmée.
Boulot : garçon "pas tout à fait aussi leste que les autres".
Bombé, Guignard (dit le bigle), Guerreuillas, Tétas (ou Tétard), Zozo : autres garçons.
Tous ces personnages, excepté Tigibus, font partie de la « grande classe » de l'école communale. L'armée de Longeverne comprend en tout 45 « soldats ».

Les garçons de Velrans
L'Aztec des Gués : chef de l'armée de Velrans, surnommé ainsi à cause de sa petite taille. Il a goûté à l'humiliant déculottage tout comme son rival Lebrac. Son cri est : « La Murie vous crève ! »
Tord gueule dit Touegueule : premier lieutenant de l'Aztec, as du tir à la fronde, il est l'adversaire attitré de Camus. Il s'est fait piéger par celui-ci avec la branche coupée.
Migue La Lune : un des soldats de Velrans, plutôt peureux, et ayant un tic à l'œil. C'est le premier des enfants à être traîné au "poteau d'exécution" et à subir le déboutonnage.
Tatti : le plus costaud de la bande et le plus bête aussi. Il réussit pourtant à capturer Tintin grâce à un stratagème. C'est le seul Velrans à n'avoir pas été au poteau d'exécution.
Bancal, Bousbot, Lataupe, Pissefroid : autres garçons.

Adaptations
Au cinéma

La Guerre des gosses, première adaptation de l'œuvre au cinéma, par Jacques Daroy et Eugène Deslaw en 1936.
La Guerre des boutons, deuxième adaptation d'Yves Robert en 1962.
La Guerre des boutons, ça recommence (War of the Buttons), remake britannique de John Roberts en 1994.
La Guerre des boutons, film de Yann Samuell sorti le 14 septembre 2011.
La Nouvelle Guerre des boutons, film de Christophe Barratier sorti le 21 septembre 2011.

 

 


5. De la glacière au belvédère du monastère de la Grâce-Dieu

Vidéo : De la glacière au belvédère du monastère de la Grâce-Dieu (Doubs)
+ la cascade de l'Audoux
le mardi 23 juin 2026

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6. Le belvédère de la Roche de Ruan à Maîche

Vidéo : Le belvédère de la Roche de Ruan à Maîche (Doubs)
+ le Mont Miroir, l'étang de la Goule et le belvédère de Mont Joie
le mercredi 24 juin 2026

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L'affreux cochon noir de Maîche

A cette époque lointaine et moyenâgeuse, le seigneur de Maîche qui habitait dans le vieux château aujourd'hui en ruines, avait fort mauvaise réputation. On le disait violent, jaloux, menteur, cruel et surtout âpre au gain, d'une rapacité telle, qu'un jour il accepta de se vendre au diable.
Détesté de tous, même de sa famille, il se livrait à d'incessants abus et exactions de toutes sortes sur les paysans vivant sur ses domaines. Aussi sa disparition fut un soulagement pour beaucoup quand il trépassa quelques jours avant Noël.

Comme convenu, Satan se saisit de son âme perverse et lui dit :
— Pour satisfaire tes demandes insatiables depuis la signature de notre pacte, je t'ai remis à maintes reprises de nombreux écus. Dans les sombres souterrains de ton château, tu as donc amassé un fabuleux trésor que tu seras condamné à garder, métamorphosé en cochon noir tenant dans sa gueule la clé de feu donnant accès aux richesses. Si quelqu'un parvient un jour à s'en emparer, le trésor sera pour lui et toi, tu seras libéré.

Depuis, la répugnante bête errait dans les environs immédiats du château, serrant la clé entre ses mâchoires. L'animal était si repoussant que personne ne tenta jamais de l'approcher.
— Hélas ! mon châtiment sera éternel, gémissait le cochon noir, tous se détournent et fuient dès qu'ils m'aperçoivent.
— Eh bien, proposa Satan, je t'accorde une faveur. Tous les cent ans, la veille de l'anniversaire de ta mort, tu redeviendras homme pour trois jours seulement. Essaie alors de décider un habitant de Maîche à venir s'emparer de la clé et souhaite qu'il réussisse, sinon il te faudra reprendre pour cent ans les apparences de cet ignoble cochon noir serrant une clé incandescente dans sa gueule.

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Bien plus tard, un soir de décembre vers 1830, les élèves de la petite école de Maîche venaient de sortir dans la rue et couraient joyeusement pour rentrer chez eux, certains essayant de glisser avec leurs sabots sur les flaques d'eau gelée. La nuit était déjà tombée quand le maître referma à son tour la lourde porte légèrement disjointe.

Grande fut sa surprise de voir un inconnu s'approcher et le questionner sur le cochon noir de la légende. En riant, le « magister » expliqua qu'il ne croyait pas à toutes ces superstitions qui se racontaient lors des veillées.
— Justement, rétorqua l'inconnu, si vous n'y croyez pas, vous serez plus hardi et vous réussirez sûrement. La veille de Noël, vers minuit, trouvez-vous sans faute aux abords du château. Dès que la bête se montrera, courez sur elle pour empoigner la clé. Alors le trésor sera vôtre.

Pour être plus convaincant, il glissa quatre louis d'or dans la main du maître d'école, tellement stupéfait qu'il ne put articuler aucun mot.
Quel était donc cet étrange personnage qui semblait sorti d'un autre âge ? Comme son visage paraissait pâle dans la pénombre ! Comme ses yeux semblaient sans vie et enfoncés dans les orbites ! Comme ses mains étaient longues et squelettiques ! Cependant il s'était montré aimable, accommodant et surtout généreux. Rentré chez lui, notre maître d'école examina avec satisfaction les quatre précieux louis qu'il soupesa et palpa longuement. Quelle aubaine inespérée quand on gagne péniblement un maigre salaire et qu'on mène une existence difficile et sans avenir ! Si le mystérieux cochon noir n'existait sans doute pas, les belles pièces d'or étaient bien réelles et cela seul comptait...

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La classe du « magister » était installée dans une vieille bâtisse de Maîche, c'était une salle vétuste aux murs décrépis et au sol de terre battue. Quelques tables et bancs en sapin, grossièrement fabriqués par le menuisier du village, en constituaient le mobilier rustique mais solide. Deux étroites fenêtres laissaient pénétrer une lumière insuffisante et les jours de pluie, il y régnait presque une demi-obscurité. En hiver l'antique poêle en fonte répandait une chaleur bienfaisante, et les élèves apportaient quelques bûches pour l'alimenter.

En ce temps-là les parents étaient souvent illettrés et vivaient pauvrement, ne comprenant guère l'utilité de l'instruction pour leur progéniture et n'y attachant que peu d'importance. D'ailleurs seuls les plus aisés fréquentaient la classe car les études étaient payantes et à certaines familles, il fallait réclamer plusieurs fois la rétribution due. Les élèves ne venaient à l'école qu'à la mauvaise saison entre la Toussaint et Pâques. L'été on préférait qu'ils travaillent aux champs et gardent les troupeaux. L'école était alors déserte et l'instituteur allait aider quelques fermiers qui le dédommageaient en lui donnant diverses denrées : lait, légumes ou fruits, ce qui était pour lui une ressource appréciable.
L'engagement du maître était renouvelable chaque année et si ce dernier déplaisait à quelque autorité, il pouvait être remercié et se retrouver sans emploi.

Chaque matin, à sa troupe de petits villageois venus en sabots pour huit heures, le « magister » dispensait d'abord l'instruction morale et religieuse avec le catéchisme ; puis il s'évertuait, parfois sans résultat, à leur apprendre à lire, à écrire, y ajoutant les premiers éléments d'arithmétique et le chant.

Dans ces conditions difficiles, avec des enfants de tous âges et de tous niveaux entassés dans la pièce, il assurait au mieux sa tâche éducative. Chaque jour la matinée se déroulait selon un emploi du temps immuable. Après la prière récitée en commun, l'un après l'autre, les élèves se déplaçaient vers le pupitre pour épeler à haute voix sur l'un des deux ou trois livres de la classe. Puis ils retournaient s'asseoir sur leur banc pour copier sur la page blanche le modèle d'écriture tracé en tête. Leur travail terminé, ils revenaient le présenter au maître qui, suivant le cas, les félicitait, les encourageait ou les réprimandait. Gare alors aux garnements négligents ou paresseux, car selon la coutume ils recevaient une sévère correction avec une verge !

Le contrat du « magister » stipulait certaines obligations. Dans la paroisse il devait chanter aux offices ou les accompagner à l'harmonium, assister le curé, surveiller les enfants à l'église, le matin, à midi et le soir sonner l'angélus qui rythmait chaque jour le cours de la vie locale. L'instituteur jouissait d'une bonne considération parmi la population et son instruction lui valait un certain crédit. Fréquemment il rendait service en écrivant quelque lettre, en rédigeant une demande pour l'un ou l'autre.

Prudent, notre maître d'école ne dit mot de sa singulière rencontre, gardant jalousement son secret. Pourtant ces louis d'or qui allaient améliorer sa condition, appelaient toute sa réflexion. Avec la fortune promise, sa vie matérielle deviendrait plus aisée et serait vraiment assurée. Fort intéressée également, sa femme l'engagea vivement à tenter sa chance, à ne pas laisser passer cette occasion unique. Finalement il décida de se rendre au rendez-vous fixé.

Le soir de Noël, après avoir sonné la messe de minuit, ayant mis dans sa poche un couteau bien aiguisé, muni d'un gros bâton noueux, il était prêt pour gravir la pente conduisant au château. Le temps était clair et la lune jouait à cache-cache entre les fûts élancés des sapins. Une légère couche de neige recouvrait le sol, la température était douce et la montée se fit sans encombre.

Le silence régnait, troublé seulement de temps en temps par les aboiements d'un chien. Déjà il arrivait près des ruines du château. Au fond on distinguait quelques lumières, celles des maisons où l'on fêtait Noël et de l'église où l'on allait célébrer la messe de minuit. Ici les ombres des arbres dénudés et des murailles à moitié éboulées, donnaient un aspect hallucinant et sinistre au paysage. Il appela plusieurs fois en vain... Il courut à droite, à gauche, frappant le sol de son bâton, mais personne ne répondait.

L'inconnu était-il un farceur qui cherchait à le ridiculiser ? Soudain un craquement de branches que l'on écarte... Le visiteur tourna la tête vers une énorme roche derrière laquelle surgit une sorte de bête hideuse à longs poils, toute noire sous les rayons de lune, la gueule enflammée et les mâchoires serrant fortement une clé rouge-feu. En même temps de sourds grognements rompirent le silence.
L'affreux cochon noir sembla hésiter un instant puis se précipita sur lui. Surpris par cet assaut inattendu, le maître d'école s'affola, oubliant les indications de l'inconnu et s'enfuit sans se retourner. A peine avait-il parcouru quelques dizaines de mètres que la bête poussa de longues et déchirantes plaintes...
Pour cent ans encore, elle demeurait prisonnière dans les ruines du château de Maîche.

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L'instituteur regagna son logis. Les jours suivants, il se croyait toujours poursuivi par l'effrayant cochon noir dont la vision obséda tellement son esprit qu'il en perdit la raison et ne put reprendre ses fonctions.
A partir de cette nuit, la présence des bêtes, même les plus inoffensives le rendait si agressif et violent qu'il n'hésitait pas à les tuer. On dut l'emmener dans un asile de Besançon où il finit sa vie.
A Maîche, nul ne le revit jamais et la porte de la classe resta close plusieurs mois avant qu'un successeur ne se présentât.

 


7. Du Val à Gigot le long du Dessoubre

Vidéo : Du Val à Gigot le long du Dessoubre à Bretonvillers (Doubs)
+ à Bretonvillers :
l'église de la Nativité Notre-Dame, le monument aux morts, la fontaine St-Joseph et le calvaire avec son Christ doré
le jeudi 25 juin 2026

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Musique : clarines de vaches

Le barrage du moulin de Belvoir

Le barrage du moulin de Belvoir

 

Le barrage du moulin de Belvoir

Le barrage du moulin de Belvoir

 

La confluence Dessoubre-Reverotte à Gigot - Bretonvillers (Doubs)

La confluence Dessoubre-Reverotte à Gigot - Bretonvillers (Doubs)

 


8. Du monastère de Consolation à la cascade du Lançot

Vidéo : Du monastère de Consolation à la cascade du Lançot (Doubs)
+ aller au belvédère du monastère
+ à Le Saucet : chapelle de la Vierge Noire
le vendredi 26 juin 2026

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Musique : Ô cher Jura - traditionnel Franc-Comtois

La cascade du Lançot à Consolation (Doubs)

La cascade du Lançot à Consolation (Doubs)

 


 

ES-TU UN BON FRANC-COMTOIS ?

Tu sais que tu viens de la Franche-Comté ...

...Quand tu vois le soleil un mois par an
Quand le Comté est ton Dieu, et le vin d'Arbois ta religion
Quand tu dis « je vais chercher la pelle à ch'nis »
Quand le cornet est pour toi un sac en plastique avant d'être un instrument de musique ou un biscuit pour glaces
Quand tu as bu la goutte aux conscrits
Quand tu supportes Sochaux jusqu'au bout des ongles
Quand tu bois du Pont, et pas du Ricard
Quand pour toi l'hiver dure de novembre à mai
Quand tu as déjà parié au tiercé de cochons
Que tu es déjà aller au 15 août à la Chaux
Quand tu dégustes un délicieux roëstis-saucisse-salade
Pour toi la Suisse, c'est les clopes, l'essence et le chocolat... et la piscine en été
Quand l'été tu te baignes au lac de Malbuisson alors qu'un sudiste serait glacé jusqu'aux os
Quand tu manges de la cancoillotte,
Quand tu fais la Percée du vin jaune
Quand l’hiver tu skies à Méta et aux Clochettes
Tu ne peux te faire à l'idée que les cloches des vaches dérangent certains
Aldebert, ça fait 10 ans que t'entends ses chansons
Tu connais l'épandeur, la pirouette et l'autochargeuse
En juin, quand t'ouvres tes fenêtres le matin, ça sent bon les foins ou les regains fraîchement coupés
Quand pour toi, la Fête de la saucisse n'est pas une fête 'plouc', mais un lieu d'échanges et de convivialité
Quand tu rigoles des blagues de la Madeleine Proust
Quand tu bois du 'sapon' (Pontarlier anis-sirop de sapin)
Quand pour toi, le plus petit État du monde, c'est le Saugeais et pas le Vatican
Quand pour toi les habitants du Doubs s'appellent les Doubistes et non les Doubiens
Quand tu 'tires' la soupe avec un 'pochon'
Quand les autres se foutent de ton accent dont tu es si fier
Quand pour toi, la plus belle ville du monde c'est Besançon
Quand l'expression 'Tu as meilleur temps' ne te choque pas
Tu te les es déjà gelé à Mouthe
La gentiane et l'absinthe devraient, à ton avis, être sacrées boissons nationales
L'hiver ? Raclette et mont d'or chaud bien sûr
-20° en hiver ? la routine, ça meule un coup c'est tout
Quand tu joues au foot en short par -15° en mars
Quand 1 bagnole sur 2 est une Peugeot
Quand tu peux faire 25 km en bagnole sans voir un seul patelin (surtout en Haute Saone !)
Quand tu traites tes potes de « Beuillots » ou de « Daubot » ou même de « Viôsse »
Quand tu places des « A » partout… du style « c'est la sœur à la Lucienne »
Quand tu marches à l'aveuglotte
Quand t'as « beuuugné » l'auto
Quand tu sais ce qu'est « le Metton »
Quand tu fais une lambrichure (hé oui… c'est comtois aussi….)


 

 

fond de la page : Bretonvillers, le bourg au-dessus du hameau du Val

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Bretonvillers au-dessus de Le Val