Trois contes illustrés par Walter Crane

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1. Cendrillon

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Cendrillon
D'après un conte de Ma Mère l'Oye

1-
Il était une fois un gentilhomme qui avait une fille très douce et très belle. Il épousa en secondes noces une femme hautaine et fière qui avait deux filles de son humeur. Cette femme qui ne put supporter les qualités de sa Belle-fille, la chargea des travaux de la Maison, la fit coucher dans le grenier et lui donna de méchants habits.
Lorsqu’elle avait fait son ouvrage, cette enfant allait se mettre au coin de la cheminée, ce qui faisait qu’on l’appelait Cendrillon.
Le Fils du Roi donna un bal où il invita toutes les personnes de qualité. Cendrillon aida ses deux sœurs à s’habiller et à se coiffer. Quand elles partirent, elle les suivit des yeux et lorsqu’elle ne les vit plus, elle se mit à pleurer.

2-
Sa Marraine qui la vit toute en pleurs, lui demanda ce qu’elle avait.
– Je voudrais bien aller au bal.
– Va dans le jardin, lui dit sa Marraine, me chercher une citrouille.
Cendrillon rapporta la plus belle qu’elle put trouver.
– Regarde…
Sa Marraine toucha de sa baguette magique la citrouille qui fut changée en un beau carrosse doré. Puis elle trouva six souris qu’elle changea d’un coup de baguette en six chevaux gris. Ensuite, elle changea un gros rat en cocher aux belles moustaches. Elle demanda à Cendrillon de lui rapporter six lézards qu’elle changea en laquais aux habits chamarrés et qui montèrent derrière le carrosse.

3-
– Hé bien, voilà de quoi aller au bal, es-tu contente ?
– Oui, mais je n’ai pas d’habits.
De sa baguette, sa Marraine changea ce qu’elle portait en habit de drap d’or et d’argent chamarré de pierreries, elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre.

4-
Quand elle fut ainsi parée, elle monta dans le carrosse ; sa Marraine lui recommanda de ne pas laisser passer minuit. Si elle restait un moment davantage, son carrosse, ses chevaux, ses laquais, ses habits, tout reprendrait sa forme première. Elle promit à sa Marraine qu’elle quitterait le bal avant minuit.

Lorsqu’elle arriva, le Fils du Roi courut la recevoir et lui donna la main à la descente du carrosse.
Il se fit un grand silence dans la salle de bal. " Ah, qu’elle est belle, " dit le vieux Roi. Toutes les Dames contemplaient la beauté de cette inconnue.
Le Prince la mena danser. Elle dansait avec tant de grâce qu’on l’admira encore davantage.
Lorsque Cendrillon entendit sonner onze heures trois quarts : elle fit une grande révérence à la compagnie et s’en alla le plus vite qu’elle put.

5-
Le lendemain, il y eut un autre bal. Les sœurs y allèrent et Cendrillon aussi, encore plus parée que la veille grâce à sa Marraine.
Le Fils du Roi fut toujours près d’elle ; elle ne s’ennuya pas et elle oublia ce que sa Marraine lui avait recommandé. De sorte que lorsqu’elle entendit sonner le premier coup de minuit, elle se leva précipitamment et s’enfuit aussi légère qu’une biche.

Le Prince la suivit, mais il ne put l’attraper ; elle laissa tomber une pantoufle de verre, qu’il ramassa bien soigneusement.
Il demanda aux gardes s’ils n’avaient pas vu sortir une princesse ; mais ils répondirent qu’ils n’avaient vu sortir qu’une jeune fille mal vêtue qui avait plus l’air d’une Paysanne que d’une Demoiselle.
Cendrillon arriva chez elle, essoufflée, sans carrosse, sans laquais et avec ses méchants habits. Il ne lui restait plus rien qu’une seule petite pantoufle de verre.

6-
Le lendemain, le Fils du Roi fit publier qu’il épouserait celle dont le pied serait bien juste dans la petite pantoufle. On la fit essayer à toute la Cour inutilement.
On l’apporta chez les deux sœurs qui firent, en vain, tout leur possible pour y entrer leur pied.
Quand Cendrillon demanda si elle pouvait l’essayer, elles se moquèrent ; mais le Gentilhomme qui faisait l’essai en approchant la pantoufle de son petit pied vit qu’elle y entrait sans peine.
Alors elle tira de sa poche l’autre petite pantoufle. Arriva sa Marraine qui d’un coup de baguette magique fit devenir les habits de Cendrillon encore plus magnifiques que les autres.

7-
On la mena chez le jeune Prince, parée comme elle était : il la trouva encore plus belle que jamais.
Il l’épousa peu de jours après.
Cendrillon qui était aussi bonne que belle, fit loger ses deux sœurs au Palais, et les maria le jour même à deux grands Seigneurs de la Cour.


2. Le chat botté

Trois contes illustrés par Walter Crane

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Le chat botté

A son décès, un vieux meunier laisse à ses trois fils l'intégralité de ses biens. L'aîné hérite du moulin, le cadet de l'âne, et le benjamin du chat. Sans un sou en poche et ne sachant que faire d'un tel cadeau, ce dernier songe à le manger mais le Chat s'avère doué de parole. Contre un sac et une paire de bottes, et avec beaucoup de ruse, l'animal est désormais déterminé à faire la fortune de son maître. Dans ce but, le Chat capture un lapin dans la forêt et l'offre au roi comme un cadeau de son maître, le « marquis de Carabas ». Il apporte ainsi régulièrement du gibier au roi, pendant plusieurs mois.

Un jour, sachant que le roi et sa fille voyagent le long de la rivière, le Chat persuade son maître de retirer ses vêtements et d'entrer dans la rivière. Il cache les habits de son maître derrière un rocher, puis appelle à l'aide. Lorsque le roi arrive, le Chat explique que son maître, le « marquis de Carabas » s'est fait dépouiller de ses habits alors qu'il se baignait dans la rivière. Le roi offre de riches vêtements au jeune homme et l'invite à s'asseoir dans son carrosse aux côtés de sa fille qui tombe instantanément amoureuse de lui.

Le Chat court en précédant le carrosse et ordonne aux gens qu'il rencontre tout au long de la route de dire au roi que cette terre appartient au marquis de Carabas. Il entre ensuite dans un château habité par un ogre qui est capable de se transformer en un grand nombre de créatures. L'ogre le reçoit aussi civilement qu'il le peut, et se transforme en lion pour prouver ses capacités, effrayant ainsi le Chat botté. Ce dernier lui demande alors s'il est capable de se changer en souris. Lorsque l'ogre s'exécute, le Chat botté lui saute dessus et le dévore. Le roi arrive au château qui appartenait à l'ogre, et, impressionné par les biens du « marquis de Carabas », offre la main de sa fille au petit meunier. Peu après, le Chat devient grand seigneur, et ne court plus après les souris que pour se divertir.


3. Les trois ours

Trois contes illustrés par Walter Crane

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Les trois ours

Une famille de trois ours, composée d'un père, d'une mère et de leur ourson, vit dans une petite maison, dans les bois. Un jour, attendant que leur repas refroidisse, les membres de la famille ours partent se promener. Boucles d'or découvre par hasard la maison vide.

Curieuse, elle entre et visite la maison. Ayant faim, Boucles d'or goûte les bols de gruau et se régale de celui de l'ourson, ni trop chaud, ni trop froid. Prise ensuite de l'envie de se reposer, elle essaie chacun des trois fauteuils, mais casse involontairement celui de l'ourson, ni trop dur, ni trop moelleux. Ayant enfin sommeil, Boucles d'or décide d'aller dormir, et, après avoir testé les trois lits, s'assoupit finalement dans celui de l'ourson, juste à sa taille.

Les trois ours reviennent à la maison alors que Boucles d'or est toujours profondément endormie. Ils la réveillent et, selon la version de l'histoire, la tuent ou l'effraient afin de la mettre en fuite.


 

Walter Crane (15 août 1845 à Liverpool - 14 mars 1915)

Walter Crane (15 août 1845 à Liverpool - 14 mars 1915) est un artiste majeur britannique. Il fut également théoricien, écrivain, et socialiste convaincu. C'est l'un des principaux acteurs du mouvement artistique des Arts & Crafts. D'abord connu comme illustrateur, puis fervent promoteur des arts décoratifs, il a exercé son art dans de nombreux domaines : l'illustration, la peinture, la céramique, le papier peint, la tapisserie, etc.

Biographie
Il fait son apprentissage chez le graveur William James Linton (1859-1862), et après de multiples travaux d'illustrateur, il ne tarde pas à rencontrer l'imprimeur Edmund Evans, et à collaborer avec lui dans le cadre des livres pour enfants qui font sa célébrité. Fortement influencé par le préraphaélisme ainsi que par John Ruskin, qu'il rencontre à plusieurs reprises et dont il lit les écrits, il ne tarde pas, après sa rencontre avec William Morris au début des années 1870, à se tourner davantage vers les arts décoratifs et le socialisme. Il collabore avec lui, en 1883, à la Merton Abbey. Il est l'un des fondateurs en 1887 (avec William Morris, Edward Burne-Jones, Lewis F. Day, Heywood Sumner (en), Philip Webb et Onslow Ford (en)) et le premier président de la Arts and Crafts Exhibition Society, et devient Maître de la Art Workers' Guild en 1888-1889.

En tant que socialiste, il écrit (The Claims of Decorative Art, 1892) et illustre de nombreux pamphlets et essais (Cartoons for the Cause. A Souvenir of the International Socialist Workers and Trade Union Congress 1886-1896, 1896), participe à des réunions (il rejoint la Fabian Society en 1885) et des manifestations (il assiste au Bloody Sunday de 1887). Surtout, il tente de promouvoir, avec William Morris et ses suiveurs, un modèle de vie artistique qui soit l'expression des idéaux socialistes : absence de division et de hiérarchie des arts, travail d'atelier mené dans une fraternité libérée des antagonismes de classe, production artisanale éloignée de la logique de rentabilité et de croissance qui est celle de l'industrie.

Après une tournée d'expositions aux États-Unis d'Amérique en 1891-1892, il est engagé de 1893 à 1896 à temps partiel comme Director of Design à la Manchester School of Art, et devient directeur du Royal College of Art de 1897 à 1898.

En 1908, il est membre du premier comité du London Salon organisé par l'Allied Artists' Association.

Sa frise, The Skeleton in armor, exécutée en 1883 pour décorer la maison de Catharine Lorillard Wolfe, a été acquise en 2019 par le musée des Beaux-Arts de Rouen.

Illustrations
Walter Crane est désormais surtout connu pour ses « toybooks », albums xylographiés en couleur, et qui font sa renommée au début de sa carrière. Les contes de fées traditionnels, comme Le Roi Grenouille ou La Belle et la Bête, ainsi qu'un certain nombre d'abécédaires et de recueils de comptines font l'objet de ses illustrations de 1865 (date de sa rencontre avec Edmund Evans) à 1875 environ.

A partir de 1875, Walter Crane veut s'essayer à d'autres formes d'illustrations, et publie en 1877 un recueil de comptines enfantines plus ambitieux, The Baby's Opera, suivi de The Baby's Bouquet (1878) et The Baby's Own Aesop (1887). Dans ces albums au format carré imprimés en couleur par Edmund Evans, l'artiste est maître de la réalisation du livre dans son ensemble, et non plus simplement des illustrations.

Il tente par la suite de s'éloigner progressivement du livre pour enfants (Household Stories de Grimm en 1882, The Happy Prince and Other Tales d'Oscar Wilde en 1888, A Wonder Book for Girls and Boys de Nathaniel Hawthorne en 1892) pour se consacrer à des ouvrages illustrés pour adultes : ses propres poèmes allégoriques (The Sirens Three en 1886, Flora's Feast, A Masque of Flowers en 1889), mais également les classiques anglais et étrangers (Echoes of Hellas: The Tale of Troy and the Story of Orestes adapté d'Homère et Eschyle en 1887, The Tempest de William Shakespeare en 1893 pour J. M. Dent, The Faerie Queene d'Edmund Spenser en 1894), ou bien encore les œuvres de ses amis (The Story of the Glittering Plain de William Morris en 1894).

Walter Crane signe ses œuvres d'une grue, en anglais « crane ».

 


 

Musique : Claude Debussy - Suite bergamasque, L.73, 3.Clair de lune - 1,78 Mo - 2 mn 11 :


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